Rédigé le 04/12/2019

séance publique des 28 et 29 novembre

En préambule, notre groupe tient à faire part de ses inquiétudes quant au dernier dysfonctionnement de l’Assemblée de Corse. Dans son Histoire, c’est la première fois que les élus se retrouvent contraints d’arrêter leurs travaux à 20h heures. Le bon fonctionnement l’institution doit être garanti et il appartient aux responsables politiques de tout faire pour que les élus de Corse puissent travailler sereinement.

Lors des questions orales, notre conseiller François ORLANDI a interpellé l’exécutif sur l’éternelle guerre des ondes menée par des opérateurs italiens peu sourcilleux des règles d’émission en Europe. Marie Hélène PADOVANI s’est fait l’écho des difficultés des jeunes étudiants à trouver des stages en entreprise et de la nécessaire articulation entre l’ensemble des acteurs. Enfin, Catherine COGNETTI-TURCHINI a souligné l’importance des confréries en Corse sur le plan de la culture et de la charité.
Par ailleurs, cette session fut marquée par deux sujets, les aides aux communes et le maritime.

Les rapports sur les aides aux communes, le plan montagne et le fonds d’amorçage étaient clairs et lisibles bien qu’ils ne valorisent pas assez les politiques de labellisation. Nous avons aussi porté des amendements pour coconstruire et améliorer les outils venant en aide aux collectivités locales. Bien entendu, nous avons réaffirmé que ceux-ci devront être mis en œuvre de manière honnête, équitable, transparente et non de manière partisane. 
Si les précédents rapports ont reçu notre approbation, notre groupe s’est fortement opposé au rapport sur le maritime.
Il a été demandé à notre Assemblée de valider à travers une SEMOP la création d’une strate administrative intitulée « compagnie corse en charge du service public maritime ». Outre le fait que cet outil ne disposerait pas de moyens directs sur la maîtrise du trafic maritime, nous émettons de sérieuses réserves quant à l’enveloppe de 330.000 euros par an consacrée au fonctionnement de cette entité.

Pour rappel, lorsqu’il a présenté en juin dernier une Délégation de Service Public provisoire, l’Exécutif s’est félicité de son adoption car celle-ci permettait de régler définitivement les problèmes maritimes de la Corse et donc des Corses.
Si c’est le cas, pourquoi changer un modèle qui fonctionne et s’entêter à vouloir créer un mode de gestion qui fragilise l’actuel ?
Comme pour la gestion des déchets, la majorité nationaliste s’enferme dans ses contradictions et nous ne pouvions pas accepter cela.
Enfin, nous avons examiné une motion demandant notamment au Président du Conseil Exécutif de Corse (PCE) d’effectuer « un recours contre toute autorisation d’urbanisme délivrée et contrevenant manifestement au projet de société porté par le PADDUC ».
Une motion tout d’abord inutile, le PCE détient déjà ce pouvoir, et qui manifeste encore une fois une certaine défiance vis-à-vis des Maires qui gèrent quotidiennement l’Urbanisme. Afin de sensibiliser les élus sur les conséquences d’une telle décision, Jean-Charles ORSUCCI a présenté un projet de construction de maisons individuelles situé à 200 mètres de l’hôpital et du collège de Bonifacio et dénoncé par l’association U Levante. L’arsenal législatif et réglementaire est tellement restrictif en matière d’urbanisme qu’il peut aussi empêcher la construction de maisons individuelles par des Corses. Si le PCE applique les dispositions de cette motion, il n’aura pas d’autre choix que d’empêcher la construction de maisons réalisée par des Corses qui souhaitent se loger. Mais parce que nous sommes favorables au PADDUC et que l’Exécutif n’a pas confirmé qu’il y aurait une application rigide des lois (littoral, montagne…), nous avons décidé de ne pas voter contre cette motion et n’avons ainsi pas participé au vote.