Discorsu di Gilles Simeoni, Presidente di u Cunsigliu esecutivu di Corsica, u 1mu di luddu di u 2021

Discorsu di Gilles Simeoni, Presidente di u Cunsigliu esecutivu di Corsica, u 1mu di luddu di u 2021

Publié le 02/07/2021

Seul le prononcé fait foi

Madame la Présidente de l’Assemblée de Corse,
Mesdames et Messieurs les élus de l’Assemblée de Corse,
Mesdames et Messieurs les élus du Conseil exécutif de Corse,
Mesdames et Messieurs,
Cari cumpatriotti,
 
Les premiers mots de mon intervention seront pour se retourner encore sur la mandature écoulée.
 
Je souhaite, au seuil de mon propos, évoquer celles et ceux qui en ont écrit avec nous l’histoire, et ne siégeront plus ici lors de la mandature à venir.
 
Je pense d’abord, bien sûr, à Jean Guy Talamoni.
Je salue l’homme, le militant, l’élu – depuis 1992 – et bien sûr le Président de l’Assemblée de Corse qu’il a été de 2015 à 2021. Premier nationaliste, premier « Naziunale » à présider cette Assemblée, il a donné à la fonction une dimension que chacun s’accorde à reconnaître et à souligner. J’ai été heureux que nous travaillions ensemble au service de la Corse et espère que l’avenir proche nous permettra d’aplanir les différends politiques qui ont inéluctablement conduit à des démarches séparées.
 
Je pense également à deux conseillers exécutifs avec lesquels j’ai tissé et continue d’avoir des rapports humains et politiques d’une qualité particulière, François Sargentini, Président de l’Office de l’Environnement de la Corse, et Lionel Mortini, Président de l’Office de Développement Agricole et Rural de la Corse. Leurs analyses et leur présence, fussent-elles selon d’autres modalités, continueront d’être précieuses pour la Corse et pour notre famille politique.
 
Je salue également Fabienne Giovannini, conseillère exécutive et Présidente de l’AUE lors de la première mandature 2015-2018 et ensuite Présidente de l’Office Public de l’Habitat de la Corse.
Fabienne, une militante exemplaire.
 
 Je souhaite également avoir une pensée amicale pour les conseillères et conseillers territoriaux qui n’ont pas été renouvelés dans leur mandat. D’abord bien sûr pour celles et ceux de l’ancienne majorité territoriale, mais également pour ceux de l’opposition.
 
Je souhaite également, et avec la même force, féliciter les nouveaux élus, féliciter leurs électrices et électeurs. Me réjouir que nombre de l’ancienne majorité territoriale se retrouvent à nouveau dans cet hémicycle et dire, bien sûr, que nous aurons à continuer de travailler ensemble.
 
Enfin, même s’ils n’ont pas franchi les seuils prévus par la Loi, les candidates et candidats qui n’ont pas été élus ainsi que les électrices et les électeurs qui leur ont apporté leurs suffrages méritent, bien évidemment, toute notre considération et toute notre attention.
 
Enfin, et avant de clore le chapitre de la mandature précédente, je souhaite du fond du cœur remercier, bien sûr, l’ensemble des fonctionnaires et agents de la Collectivité de Corse avec lesquels j’ai eu l’honneur de travailler pendant les trois années et demie écoulées. Leur dire qu’ils m’ont beaucoup appris, que je suis heureux à la perspective de continuer de travailler avec eux. Je voudrais adresser un salut particulier, bien sûr, à celles et ceux auprès desquels nous travaillons de façon régulière et constante, notamment bien sûr le secrétariat, mon secrétariat, notamment bien sûr, le secrétariat général de l’Assemblée de Corse sous l’autorité de Serges Tomi, le secrétariat général du Conseil exécutif de Corse placé sous l’autorité de Norbert Pancrazi. Remercier les deux DGS, Jean-Louis Santoni puis Marie-Christine Bernard-Gelabert pour tout ce qu’ils ont apporté à l’institution, ainsi que l’ensemble des DGA, directrices et directeurs qui ont travaillé sous leur autorité.
Merci enfin, et du fond du cœur, à mon cabinet, présent jour et nuit.
 
Les unes et les autres de ces personnes ont contribué à faire vivre et rayonner notre institution.
 
Puisque cela a été fait tout à l’heure, je voudrais également évoquer la mémoire de celles et ceux qui nous ont précédés, notamment bien sûr, cela a été dit, Prosper Alfonsi, Jean-Paul De Rocca Serra, dire à José Rossi et Camille De Rocca Serra, à Jean Baggioni, à Ange Santini, à Paul Giacobbi et à toutes celles et tous ceux qui ont eu à exercer des responsabilités avant eux, que même si nous ne partageons pas les mêmes idées, nous avons en commun, j’en suis certain, l’amour de la Corse.
 
Nous voici donc au seuil d’une nouvelle mandature.
 
Les années, les mois et les semaines qui viennent de passer l’ont confirmé, la vie politique, la vie en général, sont faites de moments de joies, de difficultés, de douleurs, d’espoirs renaissants, quelquefois de victoires, auxquelles succèdent inéluctablement, quand il s’agit de défaites et de victoires, et lorsqu’il s’agit de victoires, de nouvelles difficultés et des moments de doute.
 
Ainsi va le cycle de la vie.
 
Au moment où, pour la troisième fois en six ans, je prends la parole devant votre Assemblée et devant les Corses prenant mes fonctions de Président du Conseil exécutif de Corse, je ressens des émotions contrastées.
 
La joie, bien sûr.
L’émotion, bien sûr.
Mais également la gravité et la détermination.
 
La joie d’abord. Je souhaite remercier chaleureusement les colistières et colistiers de la liste « Fa populu inseme ». Celles et ceux qui sont aujourd’hui élus, et celles et ceux qui ne le sont pas, pour la force et la sincérité de leur engagement. Pour la dimension politique et humaine qu’ils ont insufflée à notre démarche commune.
 
Je veux remercier tout aussi chaleureusement les milliers de militantes et de militants qui, en Corse, comme dans la diaspora, se sont mobilisés, se sont engagés pour distribuer des tracts, coller des affiches, argumenter, débattre, convaincre au nom de la démarche « Fà Populu Inseme ».
 
Je veux remercier Mattea Lacave, ma directrice de campagne et, à travers elles, toutes les femmes Christine Colonna, Muriel Pantalacci et beaucoup d’autres que je ne peux pas citer, et tous les hommes qui se sont dépensés sans compter.
 
Il me faut souligner le rôle extraordinaire tenu par la jeunesse dans cette élection et dans notre victoire. Des garçons et des filles désormais représentés au sein de cette Assemblée, et demain plus encore, qui vont apporter j’en suis certain, à ce pays, leurs idées, leur regard, leur capacité d’innovation, leur foi, leur optimisme, leur volonté.
 
Vi vulemu ringrazià ma vi riguardemu, a sapete, cumu i nostri figlioli. Simu fieri e felici d’esse à u vostru lattu è porghje a manu è acumpagnavvi nant’a strada di a vita è nant’a strada di a custruzione di stu paese.
 
Je veux enfin remercier les 55 548 électrices et électeurs qui, en femmes et en hommes libres ont choisi de porter leurs suffrages sur la liste « Fà Populu Inseme ».
 
Ce score électoral massif - qui n’enlève rien à la représentativité et à la légitimité des autres courant politiques représentés dans cette Assemblée -, prolongé d’une participation supérieure de plus de 25 points à la moyenne de la participation lors des élections régionales françaises, donne à notre démarche une légitimité incontestable. Elle crée aussi pour nous, majorité d’aujourd’hui, beaucoup plus de devoirs que de droits, et j’y reviendrai.
 
Donc, la joie, bien sûr. La joie de cette victoire électorale, et la joie également, me tournant vers vous Madame la Présidente de l’Assemblée de Corse, de vous dire, à notre nom à toutes et à tous, et je crois pouvoir m’exprimer bien au-delà de celles et ceux qui ont voté pour votre candidature, combien nous sommes fiers et heureux que vous soyez devenue aujourd’hui la première femme Présidente de l’Assemblée de Corse.
 
Vous devez cette consécration, Madame la Présidente, à vos qualités : d’abord vos qualités humaines, notamment votre patience légendaire, vos qualités professionnelles, celles d’une universitaire passionnée et d’une chercheuse reconnue au plan international, celles enfin, d’abord insoupçonnées, de la femme politique que vous êtes devenue. Vous avez démontré, vous qui étiez initialement rétive, lors de nos échanges, au principe de l’engagement électif, votre pugnacité, votre clairvoyance, et votre force de conviction, particulièrement lors de la crise du Covid lorsque vous avez défendu les intérêts du tourisme corse et de la Corse aux côtés des professionnels de l’île, contre vents et marées.
 
Alors bien sûr, comme vous le dites souvent « un avemu micca da fàne un cuncistoriu », ma quantunque.
 
Dans des sociétés, notamment méditerranéennes, qui restent souvent marquées, y compris inconsciemment, par le sexisme et le machisme, quel bonheur pour nous toutes et nous tous de voir une femme accéder à cette haute fonction !
 
Et quelle fierté que nous puissions être nous, nationalistes, en situation d’accomplir ce geste historique, qui exprime avec toute la force d’un symbole puissant, notre volonté de construire une société corse affranchie de toute forme d’aliénation, de sujétion, et de discrimination !
 
Quelle façon aussi, vous l’avez souligné, de renouer la chaîne des temps en nous inscrivant fièrement dans l’héritage paoliste d’une Corse qui, au XVIIIème siècle, su concevoir et appliquer la séparation des pouvoirs, la tolérance religieuse et, même si de façon imparfaite, l’égalité entre les sexes !
 
Madame la Présidente de l’Assemblée de Corse, permettez-moi enfin, à titre plus personnel, de revenir un instant trente ans en arrière ou un peu plus, lorsque vous meniez de front vos études et la fonction d’assistante parlementaire de Max Simeoni, premier nationaliste à être élu député européen, qui est venu aujourd’hui, aux côtés de votre père, militant de la première heure, assister à votre élection.
 
Tout cela est notre histoire, à la fois personnelle et collective, histoire qui s’est tout entière construite autour d’une promesse silencieuse mais solennelle mille fois renouvelée, autour d’une conviction qui nous a fait à toutes et à tous ici, surmonter tous les obstacles : nous aurons notre pays !
 
Au moment où je prononce ces mots, ma joie se transforme inéluctablement en émotion. Je pense, une fois encore, à ces milliers de femmes et d’hommes qui, génération après génération, ont cru en notre idéal, y ont consacré leurs forces, y ont sacrifié leur vie de famille, leurs loisirs, leur liberté et quelquefois leurs vies.
 
Je pense à celles et ceux qui ne sont plus là, et à leurs familles, qu’elles sachent, ces familles, que le sourire, la voix, le visage de celles et ceux qui se sont battus et qui ne sont plus là sont entrés ici avec nous, et qu’ils y resteront à jamais.
 
Je pense aux prisonniers politiques, Pierre Alessandri, Alain Ferrandi, Yvan Colonna, qui doivent se voir appliquer la règle de droit, application qui conduira sans délais à leur rapprochement puis à leur libération.
 
Je pense à toutes les victimes, d’un camp ou de l’autre, d’un conflit qui a duré cinquante ans, et aussi à leurs familles, pour lesquelles doit venir le temps de l’apaisement, et, nous nous y consacrerons, de la réconciliation.
Le conflit doit cesser.
 
Les conditions sont aujourd’hui réunies pour construire une solution politique négociée, respectueuse des intérêts essentiels de chacune des parties.
 
Et lorsque je pense à ceux-là, le moment n’est plus à la joie, le moment n’est plus à l’émotion. Il est à la gravité.
 
Je me tourne vers vous, élus de la majorité, je me tourne vers vous, élus nationalistes, qui n’êtes pas aujourd’hui dans la majorité mais avez, je pense et je l’espère, vocation à la construire avec nous rapidement. Et je me tourne enfin vers vous, élus de l’opposition et qui probablement le resterez.
 
Notre responsabilité commune est immense.
La Corse est, nous le savons, à la croisée des chemins.
Nous en avons dressé ensemble le constat implacable, notamment pendant la campagne électorale :
  • Urgence sociale,
  • Urgence économique,
  • Urgence environnementale,
  • Urgence sociétale avec un peuple corse qui a besoin de repères, de sens, une jeunesse qui demande à être rassurée sur son avenir, avec des mécanismes puissants qui menacent la cohésion de notre société : la spéculation ; la dépossession ; la force de l’argent ; les logiques de bandes et de factions qui prétendent s’imposer au détriment de l’intérêt général.
 
Gravité parce que nous savons tout cela mais gravité aussi parce que nous savons que nous avons les moyens d’infléchir les choses. Nous avons l’impérieuse obligation d’infléchir le cours des choses. Et les corses, par leur vote, nous ont donné mandat de le faire. Nous allons le faire et nous ne souhaitons pas le faire seuls.
 
Je cherche des yeux mon confrère et ami le bâtonnier Seatelli qui tout à l’heure m’invitait à ne pas me laisser gagner par l’ivresse des cimes.
 
Monsieur le bâtonnier, cher confrère, cher Jean-Louis, il n’y a ni ivresse des cimes, ni ivresse du pouvoir ni, et encore moins, volonté de l’exercer seul.
 
La majorité territoriale actuelle entend se conformer strictement aux engagements qu’elle a pris devant les corses. Elle entend respecter strictement le mandat qui lui a été confié par les corses.
Ce mandant est clair en termes de valeurs, en termes de projets, en termes de méthode, en termes d’objectifs.
 
Nous sommes convaincus que nous ne sommes pas les seuls, et singulièrement chez les nationalistes, à partager ou à vouloir partager les valeurs, le projet, la méthode et les objectifs.
Nous l’avions dit avant le premier tour, l’offre politique que nous faisons reste ouverte et nous avons vocation à la construire avec l’ensemble des nationalistes, le plus vite possible. C’est notre devoir partagé. C’est notre responsabilité commune.
 
Au-delà des 41% et de la majorité absolue qui a été accordée par les corses à « Fà Populu Inseme », nous devons ensemble regarder également ce score de 70% ou presque des électrices et électeurs qui se sont clairement prononcés en faveur de listes se revendiquant de l’idée nationale.

Il ne pouvait pas y avoir, vous le savez, de rafistolage.
Il ne pouvait pas y avoir, vous le savez, de silence ou d’omissions sur les difficultés qui persistent et que nous devons traiter.
Il ne pouvait pas y avoir, vous le savez, d’accommodement avec un certain nombre de principes que nous considérons essentiels.
Voyons-nous. Echangeons, parlons et construisons parce que nous le devons à la Corse et nous le devons au peuple corse.
 
L’urgence de la situation et sa complexité nous imposent également, à nous, majorité territoriale, de nous adresser à l’ensemble des forces de progrès et à l’ensemble des forces vives de ce pays. Nous pouvons, j’en suis certain, construire des convergences extrêmement larges dans tous les domaines pour générer l’espoir, pour inventer et mettre en œuvre des solutions dans tous les domaines, y compris ceux du quotidien, y compris ceux dans lesquels les corses attendent que dans les semaines et les mois à venir, nous apportions des réponses efficaces.
 
Voilà donc le premier volet de l’action que nous proposerons dans les semaines à venir.
Le deuxième concerne le fonctionnement de nos institutions.
Je l’ai dit tout à l’heure, la majorité absolue génère beaucoup plus de devoirs que de droits. Ce n’est pas la majorité absolue qui nous a empêchés de nous rapprocher au deuxième tour ou au troisième tour aujourd’hui.
 
La majorité aurait-elle été relative, la situation aurait été la même. Nous avons un certain nombre de problèmes de fond à traiter avec les autres forces nationalistes. Dès que ces problèmes auront été traités y compris publiquement, nous pourrons et nous devrons converger.
 
Mais il n’empêche que cette situation aujourd’hui est une situation insatisfaisante. Insatisfaisante parce que l’on ne change pas un pays, on n’engage pas un pays sur le chemin de l’émancipation uniquement avec 41% des voix.
 
Notre responsabilité à nous, majorité territoriale est de construire bien au-delà et elle est aussi de permettre à cette institution, la Collectivité de Corse, à cette Assemblée qui est le cœur battant de notre démocratie, de fonctionner pleinement.
 
Je vous fais, à cette fin, et je les formaliserai dans les jours et les semaines à venir, en concertation avec la Présidente de l’Assemblée de Corse et les groupes de l’Assemblée de Corse, quatre propositions, quatre axes de travail :
  • Premièrement, renforcer la complémentarité entre le Conseil exécutif et l’Assemblée de Corse. Les textes le disent : nos prérogatives et nos compétences respectives sont fixées. Le Conseil exécutif prépare, propose, exécute et applique ; l’Assemblée de Corse délibère, autorise et contrôle.
 
Dans le cadre de ces prérogatives, nous pouvons et devons inventer de nouvelles façons de travailler qui permettront une articulation beaucoup plus forte entre l’action du Conseil exécutif et l’action de l’Assemblée de Corse passant notamment par une conférence de coordination régulièrement convoquée qui permettra au Conseil exécutif et à la diversité de ses composantes, de suivre au quotidien l’évolution des grands dossiers.
  • Deuxième catégorie de propositions : renforcer les droits et prérogatives de l’opposition ou des forces politiques qui ne soutiennent pas la majorité, il y a une nuance.
 
D’abord et de façon évidente, dans les jours à venir et avant la session du 22 juillet, nous proposerons à nouveau, cela été fait en amont de la session d’aujourd’hui, que les différents groupes : PNC, Corsica Libera, Core in fronte, groupes aux sensibilités nationalistes représentées, l’opposition, la liste « Un sofiu novu », prennent la tête de commissions, au moins une commission chacune. Nous en discuterons. Et puis très vite nous proposerons que le droit d’initiative reconnu à celles et ceux qui ne sont pas dans la majorité territoriale soit consacré (le système de niches parlementaires) qui fonctionne notamment à l’Assemblée nationale et qui permettra, y compris à celles et ceux qui ne sont pas dans la majorité, à titre transitoire ou définitif, de faire des propositions d’évolution dans les délibérations à mettre en œuvre.
  • Troisième niveau et troisième axe : associer pleinement les instances consultatives : le CESEC dont je salue la Présidente Marie-Jeanne Nicole présente dans les travées ; la Chambre des Territoires qui représente les communes et intercommunalités et territoires dont nous espérons que les prérogatives seront prochainement renforcées ; l’Assemblea di a Ghjuventù qui trouvera dans les jeunes qui sont aujourd’hui installés à l’Assemblée de Corse, des relais naturels et puis, bien sûr, le comité d’évaluation des politiques publiques.
 
On me fait remarquer obligeamment, et je vous en remercie, que je n’ai pas cité Dominique Bucchini. Il aura compris, Dominique, j’espère qu’il nous écoute et sa famille avec lui, qu’il s’agit d’un oubli dû à l’émotion tant nous avons avec lui et grâce à lui, Président de l’Assemblée de Corse, partagé des moments d’une densité et d’une richesse inégalées.
 
            Premier axe donc : l’équilibre entre le Conseil exécutif et l’Assemblée de Corse ; la concertation entre ces deux organes.
            Deuxième axe : renforcement des droits et prérogatives des forces politiques représentées dans l’Assemblée, en soutenant pas la majorité.
            Troisième axe : l’association pleine et entière des instances consultatives.
  •  Quatrième axe : sortir de cette Assemblée. Nous l’avons dit toutes et tous. C’est le jeu et l’application de la loi électorale qui le veulent. Les forces politiques significatives présentes au premier tour n’ont pas pu se présenter. C’est regrettable, c’est un déficit démocratique et au moment où nous nous engageons ensemble dans une mandature essentielle, il est à mon avis indispensable que ces forces puissent participer de façon étroite à tous nos débats. Je proposerai donc une conférence politique, une instance dont nous aurons à définir ensemble les contours qui nous permettrons d’impliquer ces forces politiques non représentées au sein de l’Assemblée de Corse et d’impliquer également l’ensemble des forces vives et les citoyens.
 
Premier axe : la vision politique,
Deuxième axe : la respiration démocratique de notre institution,
Troisième axe : renforcer cette institution.
 
Je salue à nouveau les 5000 femmes et hommes qui font vivre la Collectivité de Corse et les Agences et Offices. Ensemble, nous avons déjà beaucoup fait.
Cette mandature sera consacrée au renforcement de la Collectivité de Corse, à sa transformation en institution de missions propres à faire rentrer la Corse dans le XXIème siècle.
Nous veillerons également à décliner dans toutes ses dimensions la logique de proximité dont nous savons les uns et les autres qu’elle est réclamée avec force par les maires, par les élus intercommunaux, par les territoires, par les acteurs.
 
Il nous faudra enfin réussir, dans les mois à venir, l’intégration de la Chambre de Commerce et d’Industrie ainsi que de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat dont je salue les Présidents aujourd’hui présents.
 
Intégrer, réussir le rattachement de ces établissements publics avec la dimension sociale indispensable pour leur personnel.
 
Enfin, nous engagerons, en concertation avec les organisations syndicales, une réflexion sur l’évolution des agences et offices.
 
La mise en œuvre du projet mérite des mesures fortes, des mesures rapides, des mesures qui permettront, à l’horizon des cent jours de la mandature, d’entrevoir des changements profonds dans tous les domaines que nous avons identifiés ensemble comme prioritaires.
 
Reste enfin une dernière dimension, c’est celle de la discussion avec l’Etat. Cette discussion doit, à mon sens, comporter deux volets.
Il en est un extrêmement opérationnel sur lequel nous n’avons pas eu jusqu’à aujourd’hui de réponse satisfaisante.
La période 2021-2027 verra appliquer le PTIC, la fin du PEI, le CPER, les fonds européens.
 
Nous connaissons les insuffisances du PTIC en volumes financiers, comme en répartition des opérations à financer.
Nous connaissons les insuffisances du CPER.
Nous savons que nous avons besoin de discuter à Bruxelles pour obtenir la prise en compte de la clause d’insularité pour obtenir par exemple, une politique agricole commune propre à renforcer l’agriculture de production que nous appelons tous de nos vœux.
 
Ces échanges seront décisifs.
Ils se cristalliseront dans les prochains mois.
Nous proposerons d’aller ensemble à Paris et à Bruxelles, dans tous les domaines, pour défendre les intérêts supérieurs de la Corse et des corses.
 
Reste enfin le dernier point. C’est celui de la solution politique qu’il faut désormais obtenir sans délai.
La situation actuelle ne peut pas rester en l’état.
Elle n’est pas digne du grand Etat démocratique qu’est la France ou qu’elle revendique être.
Il n’existe pas de pays démocratique dans l’Union européenne qui refuse d’engager le dialogue avec un peuple, un territoire, une institution qui, à trois reprises, pour ne parler que des élections territoriales, en 2015 avec 35% des suffrages, en 2017 avec 56% des suffrages, en 2021 avec 69% des suffrages, un peuple ou des institutions qui demandent à discuter.
 
Que demandons-nous ?
Demandons-nous des choses insensées, demandons-nous des choses excessives ?
Nous demandons le droit. Nous demandons la justice, l’équité.
 
Au plan institutionnel, le statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice qui n’est pas l’indépendance et tout le monde le sait, y compris à Paris, est le droit commun de l’ensemble des Iles de l’Union européenne et particulièrement des Iles de Méditerranée.
 
Comment l’Etat, le Président de la République  pourraient-ils continuer à refuser d’ouvrir une négociation sérieuse avec un calendrier, une procédure d’évaluation, un transfert progressif de compétences ? Tout s’intégrant dans une vision globale de la solution politique à mettre en œuvre qui réintègre la question corse dans sa dimension historique, symbolique, humaine et politique. Cela doit être fait et cela doit être fait au plus vite.
 
A vittoria eletturale di a dumenica scorsa, l’emu scritta à l’inchjostru di ciò chè no simu. Un populu.
 
Un populu arrittu, serenu è determinatu perchè a sà, stu Populu, chì a ragiò, a ghjustizia, u sensu di a storia, a brama di demucrazia, i si porta in pettu è chì nimu è nunda l’hà da parà.
Da l’ochju di a surgente, sin’à a foce di e nostre coste, issa vittoria, l’emu scritta cù e lacrime di pena, di tante stonde amare.
L’emu scritta dinù cù e lacrime di gioia, quelle di e nostre speranze quelle di u nostru ideale ch’infine cuminceranu a diventa realità.
Iè, di sti strazi, di sti strapazzi, di ste lacrime n’emu fattu un fiume d’acqua linda, chì s’hè paratu i nostri dubbiti, e nostre difficultà, i nostri guai, e nostre angoscie.
Un fiume chi sà da induv’ellu vene, è chi sà dino induv’ellu và. 
Stu fiume, sta piene un anu da stancià. Anu da inzippisce torna perchè ci un c’è piu calmu, più serenu è più assicurata chè l’acqua quand’ella corre in u so solcu. 
Dice a saviezza populare chì “l’acqua cheta sfonda e ribbe”. 
È oghje, più chè mai, simu cheti perchè simu sereni, cuscenti di u nostru passatu, certi di u nostru avvene, cuscenti di i nostri diritti, cuscenti di e nostre forze.
Sapemu chì stu fiume chì hà cuminciatu a movesi sfunderà e ribbe di l’inghjustizia è di a negazione d’un populu in i so diritti i più legittimi, in u so dirittu à a vita.
U frombu di issu fiume, ch’ellu sia intesu in Parigi.
Ch’ellu capisca u Statu, chì ùn scaglieremu micca, è chì s’hà da rinfurza, sapemu induv’è no vulemu andà, chì un vulemu micca cunflitu, micca rumpitura. Vulemu a pace. Vulemu l’autunumìa. Vulemu chì nostri prigiuneri turnissinu in casa sòia. Vulemu pè sta ghjuventù suminà un avvene di gioià è di sperenza.
Iè, simu un populu. Iè, simu arritti. Iè, simu vivi. Iè, simu pronti hà sumina l’avvene. Un avvene di pacè, di sviluppu è di fratellanza.
 
Evviva u populu corsu !
Evviva a Nazione !
Evviva a Corsica !
Evviva a Dimucrazìa !